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Sérial reconversion : est-ce bien raisonnable ?

En théorie, tout est possible. Dans les faits, l'investissement personnel et financier exigé par une reconversion est souvent lourd. Le faire une fois demande déjà courage et sacrifices. Le faire deux fois est souvent périlleux.

« Si quelqu'un se sent obligé de changer de métier une seconde fois dans sa carrière, il faut se demander dans quelle mesure le premier changement a été légitime, surtout si les deux reconversions sont relativement proches dans le temps », remarque Sylvaine Pascual, coach spécialisée en reconversion. Des reconversions à répétition peuvent en effet révéler un manque de confiance en soi ou un mal-être plus profond. Il faut donc s'interroger sur les raisons d'un tel besoin de nouveauté.

 

Mais ces bifurcations successives peuvent aussi être le reflet d'une personnalité dynamique ayant besoin de challenges pour avancer et fonctionnant par coup-de-cœur. Au candidat de tourner les choses en sa faveur, en montrant qu'un tel parcours développe les capacités d'adaptation ainsi que la connaissance globale de l'entreprise.

 

Un défi risqué pour un salarié

Si vous cherchez un emploi salarié, une carrière décousue jouera plutôt en votre défaveur. Les recruteurs hésitent souvent à donner leur chance à des profils atypiques, en particulier dans une période de difficultés économiques car ils cherchent des professionnels opérationnels dès leur prise de fonction, et se fient pour cela à l'expérience dans ce poste. En outre, de multiples reconversions peuvent laisser présager une instabilité, au même titre qu'un changement successif d'employeurs. Un tel parcours est donc synonyme de prise de risque pour un recruteur.

 

D'un secteur à l'autre

Pour autant, les a priori varient selon les secteurs : « dans le BTP et les métiers techniques pénuriques, les reconvertis sont vus plutôt positivement, raconte Céline Locatelli, consultante chez Arcade. Car choisir ce secteur volontairement en cours de carrière est une preuve de grande motivation. Dans l'informatique, au contraire, les recruteurs sont plus frileux, le domaine évoluant très vite. Ainsi, les informaticiens qui partent du secteur puis souhaitent y revenir après plusieurs années se heurtent aux craintes des employeurs face à cette absence prolongée. »

 

La voie de l'indépendance

Les reconvertis récidivistes sont souvent des entrepreneurs dans l'âme, le goût du challenge et de la nouveauté allant en général de pair avec celui de l'indépendance. Apprendre et créer les intéresse finalement plus que gravir les échelons de la hiérarchie. Et dans ce cas, nul besoin de justifier son parcours. Mais attention, là encore diversité d'expériences ne signifie pas éparpillement. Un entrepreneur qui se lasserait de son projet au bout de 6 mois pour passer à autre chose risque de perdre rapidement la confiance de ses partenaires mais aussi de son banquier.

 

Bon à savoir

Sachez que les cabinets de recrutement sont généralement moins fermés aux profils atypiques car ils ont pour mission d'élargir les perspectives de leurs clients. Une double reconversion pourrait donc piquer leur curiosité, à condition bien sûr de l'expliquer de manière cohérente.

 

Laure Marcus et Séverine Dégallaix © Cadremploi.fr - 2010

 

 


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