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Passer d’un métier intellectuel à un métier manuel

De manager à plombier, de comptable à dentellière, de responsable RH à boulanger, des parcours surprenants, mais moins rares qu'on ne pourrait le croire.

« Il arrive assez fréquemment que des cadres sous pression se remettent en question après dix ou quinze ans d'expérience », constate Jean-Christian Pouillon, Responsable Équipe Recrutement RH, Finance et Formation de l'agence cadres Pôle emploi d'Issy-les-Moulineaux. Lassés du stress, troublés par l'impression de ne rien produire de concret, ils sont attirés par l'artisanat, le bâtiment ou encore les métiers de bouche. Combiner création et épanouissement artistique étant souvent le plus séduisant : ébénisterie, poterie, restauration de meubles anciens...

 

Autre facteur courant : une ancienne frustration. C'est le cas de Lucie M., ex fonctionnaire actuellement en CAP ébénisterie : « pour moi, c'était un rêve de collège. Mais à l'époque où j'ai fait mes études, il était mal vu de se diriger vers un métier manuel quand on avait la possibilité de suivre un cursus long. »

 

Du rêve à la réalité

Attention aux déconvenues ! Les candidats aux métiers manuels savent ce qu'ils quittent, mais ils connaissent en général mal ce qu'ils vont trouver.

 

  • Quel quotidien ?

Avant de se lancer, mieux vaut connaître la réalité du métier. « Lorsque qu'on vient nous voir avec un projet de ce type, nous commençons par faire passer une évaluation en milieu de travail », souligne Jean-Christian Pouillon de Pôle Emploi. Se mettre en situation réelle permet d'évaluer ses capacités, ses points forts, ses faiblesses, mais aussi d'avoir une vision réaliste du métier.

 

  • Debout toute la journée

L'organisation, le respect des délais, la rigueur ne posent généralement pas de problème aux cadres habitués à gérer des projets. En revanche, l'effort physique peut être mal vécu. Passer son temps dehors qu'il pleuve ou qu'il vente, rester debout plusieurs heures durant, répéter les mêmes gestes toute la journée,... ce type d'effort n'est pas à la portée de tous.

 

  • L'étape formation

Le passage par une formation peut être une épreuve : « je me retrouve dans une classe de garçons qui n'ont pas 25 ans, le décalage entre nous est évident, raconte Lucie M. De plus, les professeurs ne savent pas quoi faire de moi, car je suis un cas atypique, je n'ai pas vraiment ma place dans ce CAP. »

 

  • Le point de vue des proches

Un tel revirement n'est pas toujours facile à expliquer à la famille et aux amis. Quand elle a pris sa décision, Lucie M. n'a pas reçu le soutien de tout son entourage : « des amis très proches ont essayé de me dissuader. Certains m'ont clairement dit qu'ils pensaient que je faisais une erreur. Je me suis peu à peu détachée de ceux qui ne soutenaient pas mon projet. »

 

  • Combien ça coûte ?

Enfin, ce type de reconversion ne va pas sans un sacrifice financier. Les formations peuvent être onéreuses. Mais surtout, le salaire est loin d'être identique entre un poste de directeur marketing et un emploi d'artisan ! Il en est de même pour ceux qui se lancent en indépendants : les premières années demandent souvent investissement de temps et d'argent alors que les recettes tardent à venir.

 

« Lorsque les candidats ont conscience de tout cela et qu'ils se lancent dans un projet concret et réaliste, il n'y a pas de raison que la transition échoue », rassure cependant Sylvaine Pascual, coach spécialisée en reconversion professionnelle. Bien réfléchis, ces parcours singuliers sont donc généralement couronnés de succès.

 

Séverine Dégallaix © Cadremploi.fr - 2010

 

 


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