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Suis-je bon pour une reconversion ?

Des périodes de doute et d'incertitude, voire de ras-le-bol complet, la majorité d'entre nous en connaissent au cours de leur carrière. Mais comment distinguer ras-le-bol passager et besoin de changement radical ?

« Les bifurcations biographiques m'ont toujours passionnée. Elles sont à la fois formidables et angoissantes », confie Sylvaine Pascual, coach spécialisée dans le relationnel et la reconversion professionnelle, et auteur du Blog d'Ithaque. Selon elle, écouter ses désirs profonds est certainement le meilleur indicateur qui soit pour savoir ce dont on a besoin. Une évidence ? Bien au contraire...

 

J'y pense et puis j'oublie

Car force est de constater qu'en matière de réorientation professionnelle, on ne s'écoute pas beaucoup : la reconversion est un fruit que la plupart des gens laissent mûrir longtemps, parfois 10, 15 ou 20 ans, avant de se décider à sauter le pas. « On a tendance à balayer cette idée car il y a l'envie, mais aussi les craintes : le fait de devoir quitter un certain confort, la peur de ne pas retrouver de travail, surtout dans les cas de reconversion à 360 degrés,... », détaille Sylvaine Pascual. « Sans compter que la démarche nécessite de gros efforts et beaucoup d'énergie. On ne change pas dans la douceur, puisqu'on déséquilibre sa vie », ajoute Brigitte Quagliot, coach de carrière.

 

Coincé entre raison et aspirations

Bref, c'est souvent la valse des excuses, plus ou moins fondées - il est vrai que les employeurs français ne sont pas réputés être de grands fans des profils atypiques... Elle peut durer toute une vie, certains préférant se contenter de ce qu'ils ont et trouvant des avantages à persévérer dans la même voie (salaire, horaires, etc.), ou se voir enrayée à un moment donné. « Je constate que bien souvent, c'est un élément déclencheur fort, comme un accident, une maladie, un licenciement... qui fait qu'on se met à relativiser les obstacles et qu'on se lance dans une reconversion », poursuit Mme Pascual.

 

Des symptômes à prendre avec des pincettes

Différents « symptômes » peuvent aussi vous guider sur cette piste de réflexion : ennui, impression de faire du surplace, sentiment de frustration, perte de motivation, sensation que vos valeurs sont en désaccord avec votre activité... Mais attention aux interprétations hâtives : peut-être avez-vous simplement besoin de changer de crémerie ? Entre un commercial qui ne peut plus voir son chef en peinture et un comptable qui ne plus supporter les chiffres, le problème est radicalement différent. « Il y a des gens qui viennent me voir pour parler reconversion et qui poursuivent finalement dans le même métier. Parfois ce sont simplement les conditions d'exercice de la profession qui ne conviennent plus », confirme Sylvaine Pascual.

 

Où je veux être demain ?

« Pour bien analyser la situation, il faut rechercher la véritable raison de son insatisfaction. La question à se poser est : où je veux être demain ? », conseille Yves Deloison, journaliste et auteur du blog toutpourchanger.com. Pour ce faire, Sylvaine Pascual recommande de tout mettre à plat, en listant d'une part ce qui pose problème, d'autre part ce dont on a envie à la place (façon d'exercer, ambiance, lieu de travail, etc.). « En général, la recherche d'une autre voie professionnelle se travaille. Il est rare de savoir vers quoi on veut se diriger exactement dès le début du processus. La patience est donc de mise », note Brigitte Quagliot.

 

On retiendra enfin que dans de nombreux cas, les personnes qui s'engagent dans une reconversion recherchent une activité qui corresponde mieux à leurs convictions personnelles. Rien d'étonnant somme toute, puisque les goûts et les valeurs évoluent au fil des années... Parmi ces « reconvertis », un profil particulier revient souvent : celui qui se dit poussé par le désir de retourner à ses premières aspirations professionnelles, contrariées durant la jeunesse pour X raisons.

 

Les mauvaises raisons de se reconvertir

« Tout ce qui ne mène pas vers quelque chose de viscéral constituera certainement une mauvaise raison de se reconvertir », estime Sylvaine Pascual. À ses yeux, une reconversion réussie passe par des motivations très personnelles, sincères et véritables, comme la réalisation de soi, ou le choix d'un métier qui soit en accord avec ses goûts, ses valeurs et ses principes.

En conséquence, tout objectif « extérieur à soi » serait à ranger dans la catégorie mauvaises raisons, tout simplement parce que dans ce cas, vous augmentez le risque d'échec : « s'il y a un problème de cohérence, il y a de fortes chances pour que le projet ne marche pas. Dans la grande majorité des cas, seul un métier que vous aimez et qui vous motive vraiment vous permettra d'aller jusqu'au bout de votre envie et de vous épanouir par la suite », insiste Sylvaine Pascual.

Quelques exemples de motifs de reconversion risqués :

- Gagner plus d'argent

- Obtenir davantage de reconnaissance

- Être poussé par quelqu'un d'autre

- Être poussé par la conjoncture

- Faire plaisir à quelqu'un

- Fuir une situation difficile : échec, crise, se sentir dépassé par les événements, trop stressé...

Priscilla Franken© Cadremploi.fr - 2010

 


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